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27/02/2015

U-Multirank, un classement révolutionnaire pour booster la visibilité des établissements universitaires européens ?

En 2014, l'école Polytechnique, pourtant considérée comme l'une des meilleures écoles d'ingénieur en France, ne figurait pas dans le TOP 100 des établissements d'enseignement supérieur au sein du classement de Shanghai. Reléguée entre le 301ème et la 400ème place mondiale, cette école, et plus généralement les établissements français, ont une visibilité réduite au sein des classements internationaux. En effet, l'année dernière, seuls 20 établissements français apparaissaient au sein de l'ARWU. Souvent critiqués, les classements internationaux traditionnels (ARWU, THE et QE) sont accusés de favoriser les universités anglo-saxonnes en se fondant sur des critères restreints, peu adaptés au monde de l'éducation.

Le nouveau classement U-Multirank édité par la Commission européenne en mai 2014 peut-il pallier ces défauts ? En quoi constitue-t-il une opportunité pour les établissements français et européens ?

Un nouveau classement muldimensionnel et personnalisable

Depuis une dizaine d'années, les classements universitaires foisonnent, cherchant à évaluer, mesurer la performance et la qualité des établissements.

Liste des principaux classements mondiaux en 2014

Source : Association européenne de l'Université

Les trois classements les plus influents aujourd'hui dans les médias (le classement de Shanghai ARWU, celui du Times THE et QE) se fondent sur une série de critères dont la recherche constitue l'axe principal. Ils sont souvent critiqués pour favoriser les établissements chinois et anglo-saxons en choisissant des éléments de comparaison peu adéquats tels que la taille de l'établissement, le nombre de publications et non le niveau des élèves.

Le classement U-Multirank constitue une approche différente des classements existants du fait de son caractère multidimensionnel, évolutif, personnalisable. C'est un classement multidimensionnel : U-Multirank compare les performances des universités et grandes écoles selon les différentes activités dans lesquelles elles sont engagées. Loin de se limiter au secteur de la recherche, le classement prend en compte tous les aspects et dimensions qui fondent la performance des établissements d'enseignement supérieurs : l'enseignement et l'apprentissage, la recherche, le transfert de compétence, le rayonnement international et régional de l'établissement. Le nouveau classement comprend donc un éventail de critères plus large que les classements traditionnels.

 

Comparaison des critères sur lesquels se fondent les principaux classements internationaux

U-Multirank n'est pas un classement mais plutôt un outil de comparaison destiné aux usagers. Il est donc personnalisable. Chaque utilisateur peut obtenir un tableau de comparaison des universités en fonction de ses besoins dans les disciplines qui l'intéressent. Il peut moduler les critères en fonction de ses préférences. Les universités sont alors classées en 5 groupes de performance allant de A (très bien) à E (faible).

Une pondération des critères selon l'utilisateur

 

Une alternative intéressante aux classements traditionnels qui nécessite d'être enrichie

Le classement intègre plus de 850 établissements d'enseignement supérieur, 1 000 universités, 5 000 programmes d'enseignement de 74 pays du monde. Les données sont issues de nombreuses études : informations provenant des établissements eux-mêmes, bases de données, sondages auprès de plus de 60 000 étudiants. Cependant, U-Multirank est vivement critiqué en raison de son périmètre trop restreint et de la fiabilité des données prises en compte. En effet, 4 matières seulement ont été analysées dans le cadre du classement : génie électrique, génie mécanique, physique, études commerciales. D'autre part, le classement se fonde sur les données transmises par les universités et écoles sans que ces dernières soient contrôlées, ce qui met en doute la fiabilité du classement. Par exemple, les données concernant les publications dans le monde professionnel sont acquises par les déclarations des étudiants/professeurs sans qu'elles ne fassent l'objet d'un contrôle.

Autre critique émise à l'égard d'U-Multirank : son caractère évolutif le rend peu lisible. Les établissements ne sont pas classés avec des numéros mais des cercles représentant leur performance dans chaque famille de critères. Les établissements ne sont pas non plus hiérarchisés en fonction de la somme de leur performance, ce qui rend le classement malaisé à appréhender.

U-Multirank, un outil peu lisible

Face à ces critiques et afin d'enrichir son classement, l'Union européenne souhaiterait intégrer 150 à 250 nouvelles universités et 3 autres matières : psychologie, informatique, médecine en 2015.

 

Une opportunité pour les établissements d'enseignement supérieur européens et français ?

Le monde de l'enseignement est devenu plus compétitif et multipolaire. Les résultats des classements n'intéressent pas seulement les médias et les étudiants. Ils ont aussi un impact sur les futurs chercheurs, les établissements partenaires ou ceux qui pourraient le devenir, les mécènes, sponsors et employeurs (surtout en France). En ce sens, faire partie des classements peut réellement contribuer au développement et au rayonnement des établissements d'enseignement supérieur français. Dans ce contexte, les universités et écoles doivent définir des axes stratégiques afin d'améliorer leur compétitivité. Trois pistes sont envisageables :

  • mettre en oeœuvre des outils de suivi du classement de l'établissement au niveau national, régional et mondial afin d'identifier son positionnement, les critiques formulées, les axes d'amélioration ;
  • former les décideurs des universités et écoles à une utilisation optimale d'u-multirank : recenser les critères du classement, cibler des activités phares à développer au sein de l'établissement, améliorer la performance de certains programmes pour accroitre la performance de l'établissement ;
  • élaborer des outils marketing et de communication pour accroître la transparence et rendre accessible les données concernant l'établissement. Dans cette optique, plusieurs gouvernements (australien et britannique) ont pris l'initiative de publier les données institutionnelles des établissements.

 

Les établissements français et européens gagneraient à participer à U-Multirank. Ce classement constitue une réelle opportunité d'être visible du fait de son aspect personnalisable et des critères pris en compte, plus représentatifs de la culture et de l'organisation des universités et écoles européennes.

 

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