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14/11/2017

E-Santé – bilan et perspectives

Si l'on entend parler d'e-santé depuis déjà plusieurs années, les nombreuses annonces récentes de la Ministre de la Santé replace le sujet au centre des débats. Au regard de ce contexte, quel bilan pouvons-nous tirer des initiatives passées et présentes et quelles sont les perspectives à court et moyen terme ? 

En synthèse

Le marché de l’e-santé est très vaste, que ce soit en termes d’usages (de l’outil de télémédecine à l’application smartphone de type quantified yourself), que d’acteurs (industriels, start-ups, patients, financeurs publics et privés, établissements de santé, …). Son développement, lié à des innovations technologiques et « sociétales », nécessite des investissements publics et privés.

Si de nombreuses initiatives ont été lancées ces dernières années, notamment par les pouvoirs publics, peu de projets ont abouti à une généralisation sur l’ensemble du territoire. Cependant, ces premières expériences ont permis de lancer une véritable dynamique qui devrait s’amplifier avec l’intervention des pouvoirs publics. L’actuelle ministre de la santé a notamment placé l’e-santé au cœur des réflexions avec la mise en place de la stratégie de prévention en santé, le plan de lutte contre les déserts médicaux et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2018 (PLFSS).

En outre, le développement de l’e-santé doit s’accompagner d’une véritable réflexion autour du parcours du patient. Ce dernier implique la construction de véritables écosystèmes centré sur le patient et communiquant avec fluidité

Plus qu’un marché, l’e-santé est une véritable économie

Les définitions de l’e-santé sont multiples et proposent une vision plus ou moins large de l’e-santé. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’e-santé « consiste à utiliser (…) les TIC[1] à l’appui de l’action de santé et dans des domaines connexes, dont les services de soins de santé, la surveillance sanitaire, la littérature sanitaire et l’éducation, le savoir et la recherche en matière de santé.» L’e-santé constitue en soi une véritable économie, composée de nombreuses disciplines associées (télémédecine, télésanté, télésurveillance, médecine connectée, …) et d’un écosystème offrant une grande variété de produits et services. En 2014, le marché pesait plus de 2,7 milliards d’euros[2].

De nombreuses initiatives qui peinent à se généraliser

Les initiatives en faveur de l’e-santé se sont multipliées ces dernières années et ce sur l’ensemble du territoire. La télémédecine est un exemple criant de premier ordre : selon le dernier recensement officiel du ministère de la Santé, on comptait, 331 projets de télémédecine en 2013 (téléconsultation et téléexpertise), soit une hausse de 48% par rapport à 2011[3]. Malgré les investissements et les énergies déployées, ces projets n’ont le plus souvent jamais dépassé la phase pilote. Plusieurs freins expliquent ce constat :

Cependant, nous notons une véritable volonté de développer l’e-Santé. Le développement des nouveaux usages implique une transformation de la structure et de la philosophie de notre système de santé. Ces transformations nécessitent du temps et génèrent des freins.

Les expériences menées jusqu’à présent ont contribué à développer la maturité du secteur et à supprimer les verrous permettant à l’e-santé de davantage se développer. Cela passe notamment par l’intervention des pouvoirs publics.

Un cadre juridique et réglementaire en construction

L’e-santé ne dispose pas en France de véritable cadre juridique et  réglementaire couvrant toutes ses ramifications. En revanche, les premiers fondements ont été posés et l’activité juridique s’est renforcée dernièrement avec l’arrivée de la nouvelle Ministre de la Santé.

La mutation de notre système de santé s’est accélérée avec la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 dite de « modernisation de notre système de santé ».

Depuis, plusieurs thématiques ont été mises en avant comme la démocratie sanitaire, une meilleure intégration du parcours patient et un renforcement de la prévention. L’e-santé est l’une des réponses à la prise en compte de ces thématiques. Ces thématiques constituent des priorités pour la nouvelle mandature. Cela se traduit par la mise en œuvre d’un nouveau corpus documentaire qui favorisera la construction d’un cadre juridique et réglementaire à l’e-santé.

De belles perspectives offertes par un contexte sociétal et démographique, des innovations technologiques et une prise de conscience des pouvoirs publics

L’e-santé est ancrée dans un contexte sociétal propice à son développement : une population vieillissante (des outils e-santé permettent d’alimenter l’offre Silver Economy), une augmentation des maladies chroniques, l’intensification des déserts médicaux et des besoins non couverts par les professionnels de santé (questions après la consultation, difficulté à suivre un traitement complexe, questions quotidiennes sur la pathologie et l’organisation à mettre en place autour du traitement).

 Cette nouvelle donne démographique et sociétale permet à l’e-santé de se positionner comme une réponse à des besoins divers, nombreux et pérennes.

A cela s’ajoutent des innovations technologiques et un marché très dynamique. Sur 50 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020, 10 à 15% concerneront l’e-santé. Le marché français devrait notamment progresser de 4 à 7% par an d’ici 2020 (passage de 3,5 à 4 milliards d’euros)[4].

Enfin, les pouvoirs publics se saisissent pleinement de la question. L’Union Européenne prévoit un règlement européen pour 2018 tandis que la France dispose d’une stratégie e-santé 2020 qui sera prochainement amendée par la ministre. Cette mise à niveau de la stratégie e-santé s’accompagne d’un plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur les prochaines années. Les fonds permettront de moderniser les hôpitaux et d’aider aux développements des start-ups innovantes.

 

[1] TIC : Technologies de l’Information et de la Communication

[2] Etude Precepta ; Les marchés de l’e-santé à horizon 2020 ; 2014

[3] Principaux enseignements du bilan des PRT et du recensement des projets télémédecine 2013, Direction générale de l’offre de soins

[4] Données fournies par le groupe XERFI

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