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08/11/2016

Montpellier Métropole, collecter et valoriser la donnée publique

Même si son action en matière d’innovation et de numérique manque souvent de visibilité, l’Etat est un acteur majeur dans le monde de la Donnée. Dans le cadre des politiques d’Open Data, l’administration centrale, les organismes publics ainsi que les collectivités territoriales mettent à disposition de nombreuses données publiques. 

Ces dernières seront ensuite réutilisées par toute une panoplie d’acteurs : start-up, journalistes, grandes entreprises ou même simples citoyens.
En raison de leur implantation locale et des compétences qui leur sont attribuées, les collectivités territoriales et plus particulièrement les villes sont en première ligne dans la collecte des données. Historiquement la ville de Montpellier fait figure de pionnière dans le domaine de l’Open Data et a mené de nombreuses réflexions sur la manière de valoriser les données publiques.

Cette expérience Montpellier Métropole a été réalisée suite à l'entretien de Sia Partners avec :

Jérémie Valentin, Chef de projet Open Data Chez Montpellier Méditerranée Métropole

Jérémie VALENTIN, Chef de projet Open Data chez Montpellier Méditerranée Métropole

Montpellier en chiffres :

  • 450 000 habitants en 2013 (au niveau de la métropole)
  • 43 % de la population à moins de 30 ans
  • 734 millions d’euros de budget en 2014
  • 1400 agents
  • Métropole Labélisée French tech en 2014
  • Une des premières villes à avoir lancé un programme de Smart City

Le verbatim :

"La politique d'Open Data de la ville s'est construite en partenariat avec de nombreux acteurs locaux tels que des start-up, des laboratoires de recherche, des associations et des universités."

Jérémie Valentin, Chef de projet Open Data

 

Un projet d’Open Data

En 2011, la ville de Montpellier lance une initiative d’Open Data intitulée « Montpellier Territoire Numérique » visant à « mettre à disposition des données publiques non nominatives ayant une dimension territoriale ».  Ce projet aboutit à la mise en place de la plateforme en ligne.  Cette démarche est complétée un an plus tard par un portail à l’échelle de l’ex agglomération. Aujourd’hui les démarches sont mutualisées dans un portail métropolitain commun en cours de développement. Selon Jérémie Valentin, cette initiative poursuit un double objectif « anticiper les différentes lois relatives à la transparence et à l’ouverture des données publiques » mais aussi « mettre en avant le caractère dynamique et innovant de la ville de Montpelier afin de renforcer l’attractivité du territoire ».

L’Open Data s’inscrit dans une dynamique plus large

Montpellier est une ville jeune (43% de la population à moins de 30 ans) qui souhaite favoriser l’innovation et les nouveaux usages du numérique.
A partir de 2012, elle signe un partenariat avec la société IBM afin de mettre en place une Smart City. Cette dernière se base sur une série de capteurs NFC chargés de récolter différentes données urbaines telles que la température, les conditions météo, les données sur les feux rouges, la pollution, les conditions de transports etc. Après un processus d’anonymisation une partie des données collectées est mise à disposition du public sur la plateforme d’Open data.

La gestion des données publiques

Les données collectées sont gérées en interne par les agents de la Métropole au niveau du service informatique, du service Open Data et du comité technique en charge de la Smart City. Ces services sont amenés à collaborer avec des acteurs étatiques, tels que la mission EtaLab (Data.gouv) et la CNIL, mais aussi avec d’autres collectivités territoriales comme la métropole de Toulouse pour la mise en place de groupes de travail, le partage de bonnes pratiques, et l’organisation d’événements en commun.
La ville se concentre sur « la collecte, la formalisation et la mise à disposition des données», et qu’elle ne possède donc pas de Chief Data Officer ou de Data Scientist. 

Réutiliser les données publiques

Si la métropole de Montpellier exploite pour ses métiers les données publiques elle met aussi en place de nombreuses initiatives pour encourager les start-up à développer des services innovants basés sur l’Open Data. Ces initiatives prennent la forme « d’appels à projet pour repérer les acteurs capables d’utiliser les données publiques et pour tisser des liens avec l’écosystème local ».  Il peut s’agit de hackatons, d’interventions dans les écoles d’ingénieurs, ou encore du Challenge Big Data. Lancée en 2015, cette compétition vise à sélectionner 8 projets réutilisant les données publiques afin de créer des solutions web et mobiles au service des citoyens.

Créer de la valeur grâce à la donnée

Jérémie Valentin estime qu’il n’est « pas possible et pas souhaitable de calculer la valeur de la donnée publique en se basant uniquement sur la valeur marchande ». Il rappelle que « les données publiques ont une valeur pour la communauté, notamment pour favoriser la transparence de l’action publique ».
Afin que les données publiques puissent être créatrices de valeur il met en avant 3 prérequis : les données doivent être diffusées gratuitement pour toucher le plus grand nombre d’utilisateurs (même si il est envisageable à long terme de développer un système de licence), il faut proposer une grande quantité de données afin de favoriser les croisements, et enfin il est souhaitable d’avoir des données harmonisées et formalisées afin d’assurer l’interopérabilité.

 

Cette étude de cas a été réalisée dans le cadre de la troisième édition de l'Observatoire des Stratégies Digitales consacré à la donnée.

Retrouvez plus d'informations sur cet observatoire ainsi que l'intégralité de ces études de cas ici

 

 

  • Cas d’usage

    Réutilisation des données publiques par la Start-up Montpelliéraine LKSpatialist

    L’entreprise LKSpatialist est « une plateforme d’applications Système d’Informations Géographiques en ligne » dédiée aux métiers du foncier et de l’aménagement des territoires. Elle développe 3 logiciels dont LINA qui permet de récupérer instantanément les informations règlementaires par adresse ou numéro cadastral (PPRN, PPRT, Monuments Historiques, ANRU, zonage, mobilité, services à proximité, etc.)

     Cette start-up constitue un bon exemple de valorisation des données publiques :

    • Les applications développées par l’entreprise fonctionnent presque exclusivement grâce à la réutilisation des données publiques mises à disposition par la ville et la métropole de Montpellier dans le cadre de sa politique d’Open Data. Ces dernières croisent différents types de données publiques : cadastre, PLU, plan de la ville, transports en commun, points d’intérêt, liste des commerces, etc.
    • Cette start-up a bénéficié du soutien de la sphère locale. Créée par un entrepreneur montpelliérain, elle interagit régulièrement avec de nombreux acteurs locaux parmi lesquels les incubateurs, les universités, les centres de recherche, le réseau French Tech ou encore les services de la Métropole. En particulier on notera que l’une des applications développées par LKSpatialist a remporté le challenge Open Data 2015 organisé par la Métropole de Montpellier, et a pu bénéficier d’un financement de 70 000 €.
    • Sa réussite démontre qu’il est possible de créer de la valeur grâce à l’exploitation des données publiques. De la valeur pour les citoyens en proposant des services innovants, mais également de la valeur économique via une levée de fond de 1,5 millions d’euros et la création de 17 emplois en moins d’un an.
    • Un développement rapide grâce à l’interopérabilité des données publiques. LINA®, la première application commercialisée par LKSpatialist, a connu un développement fulgurant en moins d’un an. D’abord proposée au niveau de la ville de Montpelier, elle s’est rapidement étendue au niveau régional en incorporant les villes de Toulouse et de Marseille et elle devrait être déployée dans 16 grandes villes de France d’ici la fin de l’année 2017. Ce développement rapide a été rendu possible grâce à la formalisation des données publiques.
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