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27/10/2016

Cadrage : les 4 règles d’or de la concertation

Lorsque l’on engage une démarche de concertation territoriale, la phase de cadrage est le chantier à ne pas négliger.

La qualité des travaux préparatoires conditionne la réussite de la démarche et permet surtout d’optimiser la maîtrise des risques, car la concertation peut se révéler être une méthode particulièrement contre-productive lorsqu’elle n’est pas pleinement contrôlée.

Le cadrage, c’est quoi ?

Le cadrage de la démarche de concertation vise d’abord à définir la stratégie de concertation, c’est-à-dire les objectifs de la démarche, son périmètre, ses publics, ses principes généraux, ainsi que les principales modalités de mise en œuvre, c’est-à-dire les outils, le planning, etc..

La stratégie, pas seulement un grand mot

La définition de la stratégie est souvent une étape négligée, considérée comme abstraite. Au contraire, ce chantier requiert du pragmatisme : il s’agit de définir une ligne en équilibre entre l’ambition théorique de la concertation et la réalité du terrain, entre les bénéfices idéalement attendus, et la nécessaire maîtrise du facteur risque.

La concertation : une opportunité mais aussi des risques à maîtriser

Les attentes quant à la concertation sont d’autant plus fortes que le sujet concerné a de l’impact sur les participants. Ce constat est particulièrement valable s’agissant de la concertation territoriale, qui aborde en général des problématiques au plus proche des administrés.

Lorsqu’une Commune associe des riverains à un projet d’aménagement de leur quartier par exemple, ou une Région des acteurs économiques locaux à l’élaboration d’une stratégie économique territoriale, le niveau de participation est en moyenne significatif. C’est ce qui fait de la concertation territoriale une méthode utile pour un projet, mais également un risque.

Elle crée, en effet, un besoin d’écoute nouveau qu’il faut maîtriser et adresser, faute de quoi les effets boomerang peuvent être sévères et le désappointement amer chez les administrés. « Le projet était déjà ficelé », « ça ne se servait à rien de nous donner la parole si c’était pour ne pas nous écouter », tels sont les retours que tout élu s’étant plié au jeu de la concertation a entendu au moins une fois dans l’exercice de sa fonction. C’est le risque du désenchantement.
Nul ne pourra prétendre supprimer totalement ce risque. Par hypothèse, si la concertation est réelle et qu’elle aboutit à des choix concrets, rares seront les cas où ceux-ci seront unanimes. Or, on ne peut maîtriser les réactions de celles et ceux qui n’ont pas obtenu le résultat souhaité.

La stratégie de concertation permettra toutefois de minimiser ces risques, si elle s’appuie sur quelques principes méthodologiques fondamentaux.

Les 4 règles d’or de la concertation (les « 4C »)

Règle d’or n°1 : Circonscrire le périmètre de la concertation

Définir ce qui y est inclus, mais aussi ce qui en est exclu ; ce qui pourra évoluer, mais aussi ce qui est intangible.

Risques maîtrisés :

  • La perte de contrôle de la démarche, qui dévirait sur des sujets sur lesquels l’exécutif ne souhaite pas d’évolutions ou a déjà une position arrêtée.
  • Les déceptions / frustrations de participants, qui auraient surévalué la portée de la démarche et disposeraient en conséquence d’attentes trop élevées.
  • Les « effets boomerangs », la démarche de concertation se retournant contre son initiateur.

 

Règle d’or n°2 : Calibrer le meilleur niveau de concertation

Définir qui participe à la démarche.
Il s’agit d’un point d’achoppement très fréquent. Sur les exemples les plus récents, la piétonisation des voies sur berges à Paris a été fortement critiquée sous prétexte que seuls les parisiens auraient été consultés, alors que les usagers des routes parisiennes sont essentiellement des franciliens. De la même manière, la zone géographique du référendum sur l’aéroport de Notre Dame des Landes a été sujette à de vives polémiques, d’aucuns le qualifiant de « déni de démocratie » alors même qu’il s’agit intrinsèquement d’une consultation citoyenne…
Le bon niveau de concertation est un sujet sensible et complexe sur lequel nous reviendrons dans un article à part entière.

Risques maîtrisés : contestation des résultats obtenus …

  • …car toutes les personnes qui s’estiment parties prenantes à la thématique abordée n’ont pas été consultées (omission d’une partie de l’audience)
  • … car des publics jugés « extérieurs » au sujet ont pu donner leur avis et influer sur l’issue de la consultation.

 

Règle d’or n°3 : Choisir les outils les plus adaptés

Réunions publiques, ateliers, référendum, concertation numérique… le panel d’outils à disposition est large et ne cesse de s’étoffer. Or, tout ne convient pas pour « tout » de manière indifférenciée, et il s’agit de choisir l’outil le mieux aligné avec les besoins de la démarche souhaitée. Là encore, il s’agit d’un sujet auquel nous consacrerons un article spécifique pour vous aider à choisir le dispositif le plus adapté en fonction de votre situation et de vos objectifs propres.

Risques maîtrisés :

  • Désintérêt ou essoufflement des participants pour la démarche, si l’outil n’est pas adapté aux enjeux.
  • Contributions qui ne répondent pas aux questions posées, faute d’avoir mobilisé les bons outils.

 

Règle d’or n°4 : Communiquer clairement et de manière fluide

Les trois premières règles ne valent que si elles font l’objet d’une communication très claire et fluide à chaque moment clé de la démarche, et en particulier :

  • En amont du lancement opérationnel de la démarche. Le facteur clé de succès de la concertation est de s’assurer initialement, puis de vérifier régulièrement, que les « règles du jeux » ont bien été comprises et acceptées, par les participants en premier lieu, et au-delà dans le cadre d’un véritable plan de communication ;
  • Pendant les différents temps de la démarche de concertation dans un souci de restitution, notamment aux participants / contributeurs ;
  • A la fin de la démarche de concertation, afin de communiquer les résultats et annoncer la suite. Cette dernière étape, primordiale pour enclencher une dynamique, est parfois négligée, ce qui limite fortement le sentiment d’implication des acteurs sur l’ensemble du processus de concertation.   

Risques maîtrisés :

  • Suspicion d’opacité dans le pilotage de la démarche, menant à une contestation des résultats.
  • Incompréhension entre les acteurs.
  • Participation limitée aux rencontres/ateliers, par manque de visibilité sur les opportunités d’implication permises par la démarche de concertation.
  • Intérêt limité des acteurs pour les résultats du processus de concertation et propension moindre à participer à des démarches similaires
Dans un prochain article, nous vous présenterons les techniques d’animation et de dynamisation de la concertation afin de vous permettre de choisir les bons outils en fonction de vos enjeux, problématiques et des audiences visées.
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